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Respirer lentement quand la journée a été lourde

2026-08-08
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Pitit mwen,

Il y a des jours où la vie pèse plus lourd que le panier de la marchande à midi. Le corps traîne, la tête est pleine de bruit, et même s'asseoir devient un effort. Grann connaît ces jours-là. Nous les avons tous.

Quand la journée a été lourde, la première chose que je te dis n'est pas de courir. C'est de t'arrêter. Trouve un coin — la galerie, le bord du lit, une chaise près de la fenêtre. Pose tes deux pieds à plat sur la terre, comme un arbre qui reprend racine. Et respire.

Pas vite. Pas fort. Doucement.

Chez nous, au lakou, les vieilles disaient : « Souf ou se lavi ou — pa kite l kouri san ou. » Ton souffle, c'est ta vie — ne le laisse pas courir sans toi. Alors tu inspires lentement par le nez, comme si tu respirais l'odeur du café que quelqu'un prépare au loin. Tu retiens un petit moment. Puis tu laisses sortir l'air par la bouche, longuement, comme si tu soufflais sur une tasse de thé trop chaud.

Recommence. Trois fois. Sept fois. Autant que ton corps le demande.

Pendant que tu respires, tu peux poser une main sur ton ventre et une main sur ton cœur. C'est une manière de dire à ton corps : « Mwen la avè w. » Je suis là avec toi. Le corps a besoin d'entendre ça, surtout quand la journée l'a bousculé.

Une tisane de feuilles de corossol tiède, une douche à l'eau fraîche sur la nuque, un peu de silence avant de dormir — ce sont des petites tendresses que nos grands-mères nous ont laissées. Elles ne remplacent rien. Elles accompagnent. Elles bercent.

Et si le poids revient trop souvent, si le souffle reste court, si le cœur reste serré — ne reste pas seul(e) avec ça. Parle à quelqu'un que tu aimes. Garde le rendez-vous chez ton médecin. Prends les remèdes qu'on t'a donnés. La tradition marche à côté du soin, jamais à sa place.

Prends soin de toi ce soir, pitit mwen. Doucement.

— Grann Tida

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