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Poser ses épaules : relâcher la tension qu'on porte sans le savoir

2026-08-17
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Pitit mwen,

Viens t'asseoir un moment près de moi. Laisse la marmite mijoter toute seule, elle sait ce qu'elle fait.

Dis-moi une chose : est-ce que tu as remarqué où sont tes épaules, là, en ce moment ? Regarde bien. Elles sont montées jusqu'aux oreilles, n'est-ce pas ? Comme si tu portais un panier invisible depuis le matin. Et le pire, c'est que tu ne t'en étais même pas rendu compte.

C'est comme ça que la vie nous prend. On porte, on porte, on porte — le travail, les enfants, la maman qui est loin, la facture qui attend, le message qu'on n'a pas encore répondu. Et le corps, lui, il ne dit rien. Il serre les épaules en silence, il serre la mâchoire pendant la nuit, il oublie de respirer jusqu'en bas du ventre. Kò a pale, men se zòrèy ki pou tande. Le corps parle, mais il faut des oreilles pour l'entendre.

Alors ce soir, essaie ceci avec Grann. Rien de compliqué.

Prends une grande inspiration — celle qui va chercher l'air jusqu'en bas, jusque dans le ventre. Retiens un tout petit peu. Puis souffle longuement, comme si tu soufflais sur une bougie qui ne veut pas s'éteindre. Laisse tes épaules tomber. Vraiment tomber. Comme un linge qu'on lâche sur la chaise.

Recommence trois fois. Pas plus. Ce n'est pas une course.

Si tu peux, fais couler un peu d'eau tiède sur ta nuque avant de dormir. Frotte doucement, en cercles, comme ta grand-mère faisait quand tu étais petit. Ce geste-là, il ne se perd pas. Il vit dans nos mains.

Et surtout, pitit mwen : parle. Parle à ta cousine, à ton ami, à ta sœur au téléphone. La tension qu'on garde pour soi, elle grandit dans le noir. La tension qu'on partage, elle s'allège un peu à chaque mot.

Prends soin de toi, doucement. Continue à voir ton médecin quand ton corps te le demande — lui aussi il fait partie du cercle qui veille sur toi. Nous, on marche à côté, jamais devant.

Mwen la avè w.

— Grann Tida

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