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Écouter le sommeil venir, sans le forcer

2026-09-26
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Pitit mwen,

Il y a des nuits où le sommeil se fait attendre comme un ami en retard. Tu tournes d'un côté, tu tournes de l'autre, tu regardes le plafond, et plus tu cours après lui, plus il s'éloigne. Grann connaît ça. Grann a vu ça chez sa mère, chez sa tante, chez les jeunes femmes du lakou qui portent trop de choses dans leur tête quand la nuit tombe.

Écoute une chose que les anciens répétaient : dòmi se yon zwazo — si w kouri dèyè l, l ap vole ; si w chita trankil, l ap vin poze sou zepòl ou. Le sommeil est un oiseau. Si tu lui cours après, il s'envole. Si tu t'assieds tranquille, il vient se poser sur ton épaule.

Alors ce soir, essaie ceci — non pas comme un remède, mais comme une tendresse que tu te fais à toi-même :

Baisse la lumière une heure avant de te coucher. La nuit a besoin qu'on l'accueille doucement, pas qu'on l'allume comme un midi. Pose le téléphone loin du lit — il parle trop, il te tient éveillée.

Fais-toi une tisane tiède, celle que ta grand-mère te faisait peut-être : un peu de fèy korosòl, un peu de fèy sitwonèl, de l'eau chaude, une cuillère de miel si tu veux. Tiens la tasse dans tes deux mains. Respire la vapeur. Ce petit geste dit à ton corps : la journée est finie, tu peux poser tes armes.

Avant de fermer les yeux, dis merci pour trois petites choses de la journée. Trois. Pas plus. Un sourire, un repas, un appel de quelqu'un que tu aimes. Le cœur qui remercie s'endort plus facilement que le cœur qui compte ses soucis.

Et si le sommeil ne vient toujours pas — n'aie pas honte. Ce n'est pas une faute. Le corps parle à sa manière. Prends soin de toi avec douceur, appuie-toi sur les tiens, et si les nuits difficiles s'installent, parles-en à ton médecin. Grann marche à côté de toi ; le docteur marche à côté de toi ; ensemble, on veille.

Bòn nwit, pitit mwen. Que l'oiseau vienne se poser.

— Grann Tida

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